carnet de voyage sur les battements du cœur

Le berger Bon, le matériel de bivouac est chargé dans mon véhicule en prévision du retour.

La bergère Le temps semble être au sec au moins jusqu'à vendredi. Partante pour une nuit sous les étoiles. La lune nous attend, Elle est lasse de nous savoir éloignés, Elle a hâte qu'on fasse pleuvoir les étoiles. Viens mon Amour, On va allumer des lucioles dans les ténèbres.

Le berger Yep. je n'arriverai certainement pas avant 16h je te tiendrai au courant. Humm je vois bien que le programme de jeudi va être de monter le bivouac pour profiter de la nature ensemble sous la couette. J'en suis heureux par avance.

Le berger

L'expansion de conscience comme la perception de la vastitude ont certainement un fondement commun dans cette capacité a être… Je suis ce tout ou je suis amour et plus que cela. Aller à ta rencontre dans cette connexion (ce lien a distance) ressemble à partir dans cette vastitude commune; ressemble à nos états d'être en expansion que nous avons exploré maintes fois ensemble et sur nos chemins réciproques...c'est y aller en sachant que dans ces espaces hors temps nous nous y retrouvons comme baignés dans une connexion transcendante. La pensée, le mental n'ont plus droit vraiment au chapitre, seul existe un voyage chimérique éveillé qui décrit un chemin énergétique d'exploration dans un lâché prise sans pareil.

Peut être que c'est cette Grâce d'état d'être qui nous enivre. En tout cas c'est comme si la connexion n'avait plus rien de terrestre dans sa vastitude. Tout en percevant que cette expérience se fait dans nos corps sensoriels bien terrestres et qu’ils s'en retrouvent comme purifiés (vivant une légèreté d'être et plus que cela). Il y a cet apparent paradoxe de voyager loin avec la conscience et de se retrouver avec un corps apaisé ici, maintenant et là.

Être connecté au tout semble être sûrement la meilleure façon de vivre pleinement son incarnation. Être ce Soi sans limites, incarné dans ce corps tel qu'il est .. indélébile joie, indélébile perception, INDÉLÉBILE vastitude.

Écoute finement ce que tu fais insidieusement en guidance pour venir me retrouver à distance.. ce chemin de “méditation” a de forte chance d'être similaire à celui que je décris. Et si tu vois une bifurcation à ta façon de me retrouver, alors je suis tout ouïe.

Réponse de la bergère

Merci pour ces mots. J'aime beaucoup lire ce qui se vit pour toi, la façon dont tu perçois ce qui est ton réel. Je ne sais pas ce qu'il en est précisément pour moi. Mais j'aime bien cette invitation à sentir finement.

Jusque là, sans avoir analysé quoi que ce soit, j'ai la sensation d'une connexion directe qui passe par le corps et vient me chercher sans prévenir. Sensation puissante, animale, délicieusement joyeuse. Elle me fait glisser hors du temps et de l'espace, ici et là à la fois. Et quelques fois, quand j'ai le temps et la disponibilité de le faire, je peux ressentir cette ouverture à plus grand qui se fait, cette chaleur qui part du bas ventre, remonte jusqu'au plexus, jusqu'au cœur et m'ouvre à... L'infinie vastitude.

Alors, puisque j'y mets des mots et de ce fait que je regarde ce qui se vit en moi, je vois qu'il y a ce qui se fait spontanément, comme un appel des profondeurs du cosmos connecté pleinement à mon incarnation, et puis ensuite ce chemin de méditation qui ouvre à l'infinitude. C'est comme si une conscience extérieure passait par mon corps pour venir m'interpeller, me connecter à toi, et qu'une conscience intérieure m'ouvrait à cet amour infini… Extérieur – intérieur… Le jeu de notre incarnation ?

J'en suis là pour démarrer ma journée. J'aime bien. 💜

La bergère

Demain est là tout près. Et moi, je n'ai rien contre (ceci est une référence à la chanson “une belle fille comme toi). Parce que le rien, c'est le rien du Tout. INDÉLÉBILE.

Le berger

Là c'est beaucoup plus près. Juste savoir que demain soir nous sommes ensemble me met en joie. Je n'aurai pas forcément pris de quoi manger et boire ( de l'eau) pour le bivouac. Je passe te prendre chez toi et on partira avec un seul véhicule pour faire le trajet ensemble.

La bergère

Ce programme me va bien. Nous trouverons chez moi ce qu'il nous faudra pour boire et manger. Nous aurons l'essentiel en nous.

Le berger

Le baluchon le plus important étant nos cœurs

La bergère

Ce sera là où nous trouverons le plein, c'est sûre.

Le berger

Du cœur on dit que ce qui n'est pas donné est perdu. Autant dire que l'amour n'est pas une denrée usuelle.

La bergère

On n'a qu'à s'employer à ce que rien ne soit perdu alors. Je déteste le gaspillage.

Le berger

Mademoiselle a des prétentions (référence à la chanson “une belle fille comme toi”).

La bergère

Absolument !

Le berger

Qui de nous deux a le plus soif d'absolu? Et bien c'est pas gagné de le savoir…

La bergère

Ça se mesure ça ?

Le berger

OUI, En vastitude… Autant dire pas avec des instruments usuels de la science.

La bergère

Il va falloir se faire innovants alors. Ou pas. Il y a des choses inestimables et cela me semble bien en faire partie. Je vais retrouver Morphée dans tes bras . Et si je m'emmêle les pinceaux c'est parce que c'est mon cœur qui s'emballe.

Le berger

On va passer forcément par plusieurs états Demain lors des retrouvailles. Mais s'il y en avait un dont j'ai besoin maintenant ça serait de m'abandonner dans tes bras, confiant, serein, en paix d'être contre toi ..

La bergère

Sourire de cette synchronicité et s'endormir en paix contre toi.

Le berger

Yep oui à 2 ✋

le berger :

Aimer Aimer ! C'est vivre l'expansion. Aimer Aimer ! C'est Aimer, l'autre autant que l'on puisse s'aimer soi même. Aimer Aimer ! C'est accueillir la  vie dans sa globalité, C'est être humain dans sa part d'humanité... Aimer Aimer ! C'est un cercle vertueux, qui donne accès à l'infini,  à cette vastitude. Aimer Aimer, se partage dans un état d'indélébile joie. Aimer Aimer, redéfinit le je suis, en un je suis tout et plus que cela. Aimer Aimer ! C'est un mouvement perpétuel, comme ces rouleaux de prière tibétains qui sont mis en rotation par le cortège d'humain passant devant. Aimer Aimer collectivement c'est changer le monde.

La Bergère :

Changer le monde, ce n'est pas changer l'autre, mais s'ouvrir à plus de confiance, à plus d'amour.

le berger :

Tout a fait : Ah tiens c'est bizarre j'ai écris “changer le monde” alors que c'est  en premier notre regard du monde qui change quand on apprend à Aimer Aimer... Mais bon en  Aimant  “collectivement”, qu'arrivera t'il ?  Essayons !

” le bonheur n’est pas le sourire que tu affiches quand tu es face aux autres, mais celui qui te reste dans le cœur quand tu es face à toi-même…” (John Joos)

La Bergère :

Elle est jolie cette citation. Au delà de l'apparence, comment je suis avec moi même ? Comment je peux être avec tout ce qui me traverse ? Il est là le vrai questionnement du vivant. Est ce que les émotions sont si insupportables qu'il me faut les modifier ou est ce que je peux me laisser malaxer par ces mêmes émotions et accueillir ce qu'elles transforment en moi ?...

Et avec tout ça, est ce que je peux être en tranquillité avec moi même ?

le berger :

On peut conjuguer Aimer aimer de la même façon que Accueillir  Accueillir.

L'abandon total à tout ce qui nous traverse reste je pense le seul cap possible au repos du questionnement.

La Bergère :

Aimer, Accueillir, Abandon... On retrouve aussi ce même A *

le berger :

Et bien le chemin est grand si on n'est qu'à la première lettre de l'alphabet

La bergère :

Je sens dans cette vulnérabilité en moi quelque chose qui cherche à naître, ou peut-être qu'à n'être. Je viens de vivre une séance d’accompagnement magnifique. J'apprends millimètres par millimètres, (c'est encore une autre dimension que le pas à pas), à reconnaître ce précieux joyaux en moi qui sait donner naissance, être là pour accueillir ce qu'il y a de plus précieux en chacun. Je me sens privilégiée. C'est avec ce savoir venu des profondeurs de l'humanité, de notre terre mère, que je peux offrir au monde. Et comme c'est un savoir qui ne s'appuie sur aucune structure apparente, cela ne m'est pas facile de le mettre en forme. Mais pas facile, ne veut pas dire impossible.

“ C’est avec le temps donné au silence que la brume de l’indicible se lève et laisse la place au cristal limpide de l’être”

J'ai écrit cette citation mais aussi un texte à la suite de ce qui s'est vécu ce matin et sûrement aussi de ce qui infuse de notre temps sans temps. Je n'ose pas te le mettre là, et te le partager !

le berger :

Timidité de partage ? La brume de la timidité peut se dissiper au détour d'un envol, pour laisser apparaître les traces d'un passage accueilli dans le sable comme une encre invisible se laissant désirer.

La bergère :

Une encre invisible se laissant désirer… Il semble en effet que la pluie n'y suffira pas pour effacer l'encre. Qui a parlé d'encre indélébile ??

Alors voici le texte: “ Le besoin de temps, incompressible, est à la mesure de la sensibilité qui cherche à se faire entendre. De la même manière que l'essentiel est invisible pour les yeux, l'essentiel est inaudible pour les oreilles. Ce qu'il y a de plus précieux en nous ne peut s'entendre que dans l'espace que l'on donne au silence. C'est en cela que le besoin de temps est proportionnel à la sensibilité et peut être plus encore à  son impérieux besoin d'être partagée.

Le silence est à la fois manifestation et remède. Le silence est expression de ce qui ne peut se dire, par pudeur ou parce que l'on ne sait lire dans le brouillard des émotions entremêlées ; il manifeste aussi ce qui ne peut être entendable. Et dans ce sens, il est préservation de ce qu'il y a de plus intime, de plus subtil, de plus précieux en Soi. Il est remède parce que c'est dans le silence que se lisent les émotions mêlées. C'est avec le temps donné au silence que la brume de l'indicible se lève et laisse la place au cristal limpide de l'Être. C'est parce que j'ai su prendre soin de ce qui m'est intime, de mon extrême sensibilité, que je peux aujourd'hui prendre soin de celle des autres, enten